Florence Joly: Métamorphoses.

Exposition du 21 Juin au 26 Juillet 2018.

« Très tôt, comme la plupart des enfants, le dessin m’a permis de m’exprimer au-delà des mots quand leur sens profond m’échappait, quand j’en devinais le pouvoir formidable et mon incapacité à en maîtriser la portée. Plus justement, je n’avais pas les mots pour dire tout ce qui me traversait. Mon esprit était « nébuleuse », mon cerveau « poulpe géant » dont les tentacules saisissaient tout sans rien pouvoir retenir. Dans ma bulle, hypersensible, je trouvais ans le dessin un espace où me rassembler. Longtemps j’ai perçu le monde qui m’entourait comme si j’étais derrière une vitre, un hublot (ce que récemment j’ai traduit artistiquement par l’histoire de « Scaphandre »). Je pouvais être physiquement là, rieuse, souriante, sautillante et en même temps absente, ailleurs, comme étrangère à ce qui m’entourait. Parfois tout me faisait violence et je souffrais. Seul le dessin m’offrait un sas de récupération, un lieu où recueillir mes rêves, créer à mon rythme mon propre univers.

Aujourd’hui dessiner reste pour moi une respiration, une méditation, une source d’équilibre. Mon inspiration puise sa substance dans mes profondeurs, là où se mêlent un peu de moi à l’universel, là où vivent les rêves à l’aise comme des poissons dans l’eau (poissons et oiseaux sont au demeurant omniprésents dans mes créations).

Quant à mon parcours artistique, je vais tenter de le résumer ainsi : J’ai une vingtaine d’années en 1987 quand, mon diplôme d’arts appliqués en poche, je débute dans le dessin textile, au cœur du quartier historique des soyeux à Lyon, ma ville natale. Mais curieuse de tout et beaucoup de moi-même, instable disait-on, je multiplie les expériences professionnelles plus ou moins artistiques, qui me mèneront entre autres au théâtre (décor), à la publicité, à l’illustration…avant de me spécialiser dans l’aménagement et la décoration d’espaces professionnels.

En 2016, j’émerge de 13 années d’une sorte d’ermitage fécond durant lequel je n’ai cessé de peindre et de dessiner. J’ai peu exposé mon travail jusque-là. Très intime selon moi, ça m’était difficile. Aujourd’hui, libéré de son aspect exclusivement thérapeutique, davantage tourné vers la poésie en image et la joie de partager, je montre, propose ce qui est la synthèse, le fruit, de ce long cheminement de transformation intérieure dans son aspect universel et moins égocentré je l’espère.Tout bascule en 2003 quand, contrainte par un problème de santé, je cesse mon activité professionnelle salariée. Un peu isolée dans la campagne lyonnaise, j’éprouve la nécessité vitale de « reprendre du pinceau ». J’entame une longue descente dans mes profondeurs qui aurait pu m’être fatale, mais l’art sous différentes formes, le soutien sans faille d’une petite poignée d’êtres précieux, et le choix au final que j’ai dû faire de me mettre enfin au monde, l’ont emporté. Longue, très longue gestation qui aura duré un demi-siècle !

L’onirisme et le symbolisme définissent bien mon travail selon moi, s’il est nécessaire de le définir pour l’apprécier ».

Florence Joly 2018

Télécharger le carton, l’affiche, le dossier de presse.

 

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