Julia Sisi: Hypnagogies

La galerie D’un Livre l’Autre est fière de présenter la première exposition personnelle de Julia Sisi à Paris

Son œuvre, très remarquée, a fait l’objet d’articles dans des revues de référence. Tout récemment la revue Raw Vision a présenté le travail de Julia Sisi avec une «Hypnagogie» en couverture et un article de Victor M. Espinosa (Ohio State University) dans son N° de juin 2018 [1]. Citons également des présentations d’expositions ou interviews dans Raw Vision (2016), Artension magazine (Hors-série Art Singulier, 2016), dans le blog Naaba (2015) et dans le catalogue « Whispering Faces » (Outsider Art Gallery Etats-Unis, 2014).

Julia Sisi est née en Argentine, de mère Espagnole et de père Guarani. Elle a suivi quelques mois une formation en peinture et gravure à Mar del Plata. L’enseignement classique paraît trop réducteur à la jeune artiste qui abandonne ses études pour se consacrer à la recherche d’un langage artistique propre, détaché de toute influence esthétique ou théorique. En 1981, fuyant le régime militaire dictatorial de son pays, elle s’installe à Barcelone où elle exerce le métier de brocanteuse pendant plusieurs années. En 2003, elle établit son atelier à El Hierro, aux Canaries, face à la mer pour vivre de son art. En 2013, elle quitte les Canaries pour la France et vit actuellement dans un petit village du Berry ans l’Indre.

Depuis 2006, Julia Sisi participe à des nombreuses expositions partout dans le monde (France, États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, Australie…). Ses œuvres font partie des collections permanentes du Musée d’Art Naif et Marginal de Jagodina en Serbie, du VERSI Museum of Outsider and Brut Art de Jong-In en Corée du Sud, ainsi que de  nombreuses collections privées dont la Demirel Collection, la Collection Sue Kreitzman ou encore la collection Danielle Jacqui.

Le travail de Julia Sisi a été présenté dans de nombreuses expositions collectives et salons (en particulier la Outsider Art Fair à New York en 2018, stand de Raw Vision, et à Paris en 2017, stand de la galerie italienne M&M de Daria Moldovan).

SILENT CONVERSATION – 2018 – encres et acrylique sur toile – 88x116cm
, Photo D. Casado

« The lucid dreams and nomadic journeys of Julia Sisi », RAW VISION, Victor M. Espinosa [1]

« Des décisions esthétiques et des ressources visuelles semblables à celles de Wolfli sont évidentes dans le travail de Sisi : des motifs riches, des couleurs vibrantes, des lignes puissantes et des tensions entre improvisation et composition hautement structurée. […]

Les dessins les plus récents de Sisi, ses « Hypnagogies, visions et visitations » ont été inspirés par ses rêves éveillés et par la rivière qui coule le long de sa propriété dans l’Indre […], comme certains dessins de Wolfli ont été inspirés par des scénarios de rêve.

L’utilisation de fond noir par Sisi vînt d’un rêve pendant lequel elle dessinait avec un rayon de lumière rouge, comme si les lignes étaient des filaments. «Si vous fermez les yeux le fond est noir, donc quand vous rêvez, le fond est noir». Après ce rêve, elle a commencé à dessiner sur une surface noire, reproduisant la sensation de dessiner avec de la lumière, en utilisant des marqueurs Posca pour créer les filaments fluides. Les éléments symboliques de cette série sont inspirés par des souvenirs récents et très anciens. […]

Pour Sisi, les visages sont des autoportraits ou des portraits de personnes imaginaires. […] Comprendre la signification des symboles, signaux et signes dans son travail nécessiterait de connaitre toutes ses luttes avec l’identité, sa recherche constante de liberté, son expérience de migrante et l’esprit nomade qui irrigue tout son art.

Julia Sisi est née en Argentine, d’ascendance Européenne et Amérindienne. […] Elle est née en 1957, deux ans après que sa sœur, la première Julia Sisi, soit morte à l’âge de trois mois. […] Elle a découvert cette sœur de manière traumatisante à l’école à l’âge de six ans. […] A l’âge de huit ans, elle a visité sa tombe. C’était une expérience étrange de voir une tombe marquée de son propre nom. Depuis, elle pense qu’elle est née pour remplacer sa sœur, ce que lui a en quelque sorte confirmé sa mère, et elle pense quelque fois que son nom n’est pas à elle. […]

Les « Visages qui murmurent » de Sisi sont l’aboutissement d’un long processus de recherche de son propre vocabulaire artistique. Ses visages semblaient être le produit d’un plan conscient et d’un besoin de créer de l’ordre à partir du chaos. Un jour, le flot libre et hypnotique de l’eau dans la rivière lui inspira de libérer les lignes dans son travail artistique. […]

La récente série « Hypnagogies » montre une tension entre liberté et contrôle. Ses structures de composition sont assez symétriques, avec un axe central, en tension avec le dynamisme de ses lignes. Sisi s’est déplacé géographiquement de nombreuses fois dans sa vie : si quelque chose menaçait sa liberté, dit-elle, elle n’hésiterait pas à partir de nouveau. Et, en tant qu’artiste elle est en constante recherche de la meilleure manière d’exprimer son puissant esprit nomade.

Victor M. Espinosa 

[1]  The lucid dreams and nomadic journeys of Julia Sisi, Raw vision 2018, numéro 98, pages 18-25. Traduction A. Brami

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